La réparation pour une consommation responsable

Chaque année, chacun d’entre nous produit de 16 à 23Kg de déchets électriques et électroniques. Avec un nombre croissants d’équipements mis sur le marché et une durée de vie moyenne des appareils divisée par 2 en 25 ans, la tendance risque de se renforcer. Agir pour la réparation devient urgent.

En avril dernier, le premier ministre dévoilait la feuille de route de l'économie circulaire, visant notamment à allonger la durée de vie des produits et développer la réparation. Aujourd'hui, les citoyens consommateurs l'ont bien compris, les enjeux environnementaux sont au cœur de notre société. Le recyclage par exemple est bien ancré dans les mœurs, et est devenu une évidence pour la plupart. Mais l'écologie ne s'arrête pas ici, il ne suffit pas que les produit soient recyclables. Avant de jeter, il faut penser à réparer.

Un article écrit avec passion par
Anne, en charge du Développement Durable, créatrice de liens et d’impact positif pour la planète

L'économie circulaire, c'est quoi ?

L’économie circulaire désigne un modèle économique dont l’objectif est de produire des biens et des services de manière durable, en limitant la consommation et le gaspillage des ressources ainsi que la production des déchets. Il s’agit de rompre avec le modèle de l’économie linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter) pour un modèle économique « circulaire ».

La réparation s’inscrit donc comme une mesure phare de l’économie circulaire en contribuant au prolongement de la durée de vie des produits.

Réparer pour préserver son porte-monnaie et la planète

  • Réparer un bien, c’est lui donner un second souffle et ainsi retarder l’investissement dans un nouveau matériel.
  • Réparer, c’est réduire la consommation de ressources (matières premières, eau et énergie) liée à la fabrication et la production de déchets.
  • Réparer chez un artisan réparateur qualifié, c’est participer à l’économie de proximité créatrice d’emploi et de lien social.

Avant toute chose, rappelons qu’un produit défectueux n’est pas nécessairement usé. On ne change pas de voiture dès qu’elle tombe en panne, n’est-ce pas ? Il en va de même pour nos produits du quotidien.

Cependant, on a tous connu des appareils électroménager indémontables et donc irréparables, des pièces détachées introuvables ou beaucoup trop chères… Et, bien souvent, si toutefois la réparation est possible, celle-ci coûte plus cher que de racheter un nouvel appareil.

C’est pour cette raison, aujourd’hui, que nous avons délaissé la réparation. Pour que cette démarche redevienne une évidence pour chacun, c’est une remise en question d’un système entier qui est nécessaire.

Pour être réparable, un objet doit avoir été conçu comme tel par son fabricant. Le distributeur, lui aussi doit mettre en place des mesures incitatives et accompagnatrices. Et pour cela, c’est une certaine pression de la part des pouvoirs publics et de la demande consommateurs qui est nécessaire. De nombreux efforts restent donc à faire.

  • A commencer par les fabricants, qui doivent faciliter l’accès aux pièces détachées et la documentation techniques, et d’une manière générale concevoir désormais des produits facilement réparables.
  • Pour les distributeurs, mieux informer les consommateurs sur la durée de disponibilité des pièces détachées et la réparabilité des produits et ne plus proposer des assurances « échanges à neuf » est primordial.
  • Les pouvoirs publics ont aussi leur rôle à jouer, en renforçant la réglementation et les contrôles sur la disponibilité des pièces détachées et en baissant la TVA sur les activités de réparation par exemple.
  • Enfin, vous, consom’acteurs avez un rôle clé à jouer dans le développement de la réparation. Vous pouvez commencer par privilégier l’achat de produits réparables et surtout ayez le réflexe « réparation » avant de vouloir remplacer un produit en panne.

Les engagements de la Camif pour la réparation

En matière de réparation, la Camif est déjà engagée.

D’abord, elle s’engage via ses filtres de recherche à indiquer les produits réparables plus de 10 ans. Cette démarche de transparence vous guide à faire les bons choix en favorisant des produits réparables et donc durables. Retrouvez tous les produits concernées par ce filtre.

Par ailleurs, à travers sa plateforme La Place, annuaire répertoriant les acteurs de l’économie responsable locale, La Camif vous offre la possibilité de retrouver toutes les initiatives les plus proches de chez vous pour réparer meubles et objets. Vous retrouverez ainsi les Repair Cafés, lieux de rencontres autour de la réparation entres particuliers et experts bénévoles, mais aussi les adresses des réparateurs agréés du groupe SEB ou encore toutes les recycleries de France, vous permettant de déposer tout objet dont vous souhaitez vous séparer pour lui donner une seconde vie.

Mais ce n’est pas tout, la Camif tient également à mettre en avant sur son site des fabricants luttant contre l’obsolescence programmée. C’est le cas notamment de la marque Rowenta du groupe SEB.

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Nous avons la chance de travailler avec le meilleur ambassadeur de la lutte contre la réparabilité en matières d’électroménager avec la marque Rowenta du Groupe Seb. Aujourd’hui le Groupe SEB est fièrement engagé autour de cet aspect, ainsi que de la lutte contre l’obsolescence programmée. Soucieux de protéger l’environnement et de lutter contre le gaspillage, le groupe français développe des produits réparables, démontables et remontables pendant 10 ans. Pour cela, l’entreprise stock un grand nombre de pièces individualisées afin de ne réparer que le nécessaire et ce à moindre coût pour vous. Une belle solution qui vous invite à ne plus jeter et à réparer ! 

Corentin, chef de produit électroménager

Des mesures en faveur de la réparabilité pour des produits plus durables

La loi de 2015 relative à la transition écologique pour la croissance verte a inscrit la réparation comme une priorité. La feuille de route du gouvernement pour une économie 100% circulaire diffusée en avril dernier est venue renforcer cette initiative. 50 mesures ont vu le jour avec pour objectif de réduire de moitié les déchets mis en décharge en France d’ici 2025.

Il est notamment question de renforcer les obligations des fabricants et distributeurs en matière d’information sur la disponibilité des pièces détachées pour les équipements électriques et électroniques mais aussi les éléments d’ameublement. L’indication de leur éventuelle indisponibilité sera rendu obligatoire, et cela y compris pour la vente en ligne. Enfin, l’Etat entend lutter contre la publicité incitant à la mise au rebut prématurée des produits et au gaspillage des ressources. 

Un indice de réparabilité

Parmi les mesures notables en faveur de la réparation : un indice de réparabilité devrai voir le jour en 2020 pour les équipements électriques et électroniques, comme les appareils électroménagers. Le but : mettre en place un logo sur le modèle de l’étiquette énergie pour permettre aux consommateurs de choisir les produits les plus faciles à réparer et donc les plus durables. D’éventuelles informations sur la disponibilité des pièces détachées mais aussi sur l’accès à des guides de réparation pourraient apparaitre sur cette même étiquette.

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